Pascale Garnier, coach certifiée en développement personnel

L’enfermement prolongé et les peurs diffusées à l’extérieur

Dès le 17 Mars dernier, la France entière (et bien d’autres pays dans le Monde) a été mise sur pause. Plus de commerces autres que les supermarchés et commerces de première nécessité ; fini les sorties et le contact physique en famille ou avec nos proches ; plus de bars ni de restaurant ; plus de musées, de cinéma ou de spectacles vivants. Cela a été un véritable tournant.

Quarantaine, baraquement, isolement… confinement.

Ce mot vient d’ailleurs du latin cum qui signifie avec et finis qui signifie frontière, littéralement “avec frontières” ; qui ont été des frontières invisibles, certes, mais bien présentes tout de même. Après 55 jours, sachant pertinemment que la reprise à la vie normale ne se ferait que petit à petit ; que le virus était bel et bien toujours présent, des angoisses générales, des peurs des autres sont nées. Une grande partie de la population n’est pas prête à reprendre sa vie d’avant.

Les psychiatres et psychologues craignent une vague de dépressions et de phobies du monde extérieur. Après avoir été confinés 55 jours, avec les infos en boucle à la télé, à la radio, dans les journaux, dans les médias etc, une crainte collective s’est créée. C’est à ce moment là que les grandes peurs, les phobies se déclenchent. Plus de 30% des personnes interrogées (sur 10 000 participants), ont eu, et ont, encore un sommeil perturbé. 40% de la population a expliqué être en détresse psychologique (l’étude est disponible ici).

La peur de l’Autre

Une véritable peur de l’autre a émergé, qui a débuté par une peur du renfermement lié au confinement ; qui, au final, a duré bien plus longtemps que les 14 jours décidés au début. Nous vivons dans un mode de vie basé sur la liberté et l’hyperactivité, où il est presque mal vu de ne rien faire. Alors le fait de se retrouver enfermés chez soi pendant de nombreux jours était quasi-inconcevable ; sans compter que l’existence même est fondée sur le lien social qu’on nous a enlevé avec une part de liberté. Personne n’a été préparé.

Maintenant que nous nous retrouvons donc à pouvoir sortir, voir nos proches et notre famille, nous ne savons plus comment agir. Nous savons qu’il faut respecter les gestes barrières, garder un masque, un mètre de distance, pas de contact physique… toutes ces petites choses installent une certaine inquiétude, qui se transforme en véritable peur de l’autre, voire une phobie chez certaines personnes.

Les sensations, impressions et pensées des phobies

Les phobies sont des peurs très fortes, démesurées, que les personnes atteintes savent irrationnelles sans pour autant réussir à relativiser. Cette peur liée aux personnes qui nous entourent peut être comparée à l’agoraphobie. C’est la peur de se retrouver dans des endroits sans issue de secours, sans pouvoir recevoir d’aide. Cela peut être aussi bien la peur de se retrouver seul (hors de chez soi) ; ou dans une foule, dans les transports en commun… Cette phobie déclenche une impression de montée de crise de panique, ce qui crée une véritable souffrance psychologique. L’agoraphobe peut avoir des difficultés à respirer, une sensation de boule dans la gorge, des bouffées de chaleur, de tétanie, tremblements, palpitations cardiaques… Ces symptômes corporels sont souvent accompagnés de pensées dramatiques comme la peur de mourir ou de faire une crise cardiaque.

Comment savoir si on est concerné par une phobie ?

Un des signes majeurs apparaît lorsque quelqu’un parle de l’objet ou d’un cas particulier. Vous ne vous sentez pas bien (nausée, boule dans gorge) qui peut vous mener à quitter la pièce si ce sujet de conversation persiste. Vous vous rendez compte que vous mettez petit à petit des stratégies d’esquive de l’objet ou du cas en question ; qui peuvent parfois vous compliquer la vie personnelle ou professionnelle. Si vous ne pouvez pas l’éviter, vous pouvez vous retrouver en souffrance perpétuelle).

Les personnes souffrant d’agoraphobie se sentent en sécurité chez elles ou en présence d’une personne de confiance. Elles en viennent donc à éviter de sortir. Pour se sortir de cette peur de la peur, n’hésitez pas à demander de l’aide à un professionnel ; qu’il soit psychologue ou coach en développement personnel.

Pascale Garnier, coach professionnelle en développement personnel